Algarve (2001-2006)

Mers

La série Algarve comporte 42 œuvres créées entre septembre 2001 et septembre 2006. Les photographies prises sur la côte portugaise, sur la plage de Pine Cliff, datent de Noël 2000.

Cinq dessins, Pine Cliff 1, 2, 3, 4 , 5, ont servi de base à une expérience particulière sur l’agrandissement de l’espace, la mise à distance de l’oeil et le changement d’échelle du paysage.


Depuis 1997, le désir de figuration impose le retour de la vision humaine ordinaire.

Cette réactivation  de la perception se fraye un chemin à travers un vaste brassage de techniques mixtes, encre, aquarelle, acrylique, pastel, crayon de couleurs, sable, jouant sur divers supports : papiers de riz, de soie, aquarelle ou gommés, japon, calque ou bristol, végétal, celluloïde, Vélin ou lavis, etc….

Le jeu est de s’approprier les mêmes lignes pour recréer par la couleur et la texture, des paysages toujours nouveaux, toujours réinventés.
Le rétablissement de la perception se fait de manière presque inconsciente par l’introduction des repères géométriques : verticale, horizontale et diagonale. La présence de ses lignes géométriques dans la création matériologique ouvre la possibilité d’une perspective linéaire élémentaire.

Cette métamorphose artistique d’une vision errante dans un espace sensible mais sans dimension à un regard qui situe les distances et évalue l’échelle, s’est faite sans rupture de conceptions, d’une manière indolore  grâce aux fractales et à l’agrandissement progressif des formats.

Les fractales ont des configurations de matière indifférentes au changement d’échelle. On les trouve sous la forme de taches de couleurs hasardeuses dont les textures conviennent indifféremment à un premier plan ou à un lointain, à un banc de sable, comme à une masse de rochers, une chaîne de montagne, ou un agglomérat de nuages.
Ce passage s’est accomplit sur trois générations d’œuvres :

Les miniatures, variations 1, 2 ou 3, aspirent à l’agrandissement et jouent sur des extensions du papier de riz à partir d’un format 10×15 cm.
Les variations 10.1, 10.2, etc…, entrent en possession de l’espace compris entre la miniature et l’encadrement au format 24×32 cm. Les papiers supports se multiplient et font apparaître des horizontales et des verticales.
Les agrandissements variations 100.1, 100.2, etc…, partent toujours du dessin miniature d’origine 10×15 cm, mais investissent l’espace par les surfaces colorées ou texturées plus grandes. Les dimensions varient souplement de 48×70 cm à 70×100 cm. L’écart au dessin originel s’accentue et l’échelle change sans que l’esprit et la sensibilité ne subissent aucune brutalité ni aucun surmenage. La géométrie organise et ouvre de nouvelles possibilités pour les textures.
Entre l’échelle des miniatures et celle des grands formats se développe un esprit qui jongle entre CONSTRUCTION et DÉCONSTRUCTION et crée différents niveaux de relations entre composition, espace et textures. La résolution de ce rapport fait le passage entre vision de près et vision de loin. L’esprit découvre les liens qui unissent l’infiniment petit à l’infiniment grand.

Les références des œuvres