Aquarelles de Bagnères (1997)

Montagnes

Les Aquarelles de Bagnères représentent les premiers essais d’intégrer du dessin, des lignes, les profils de montagnes, dans des processus créateurs relevant exclusivement de la couleur et des matériaux.

Comment se sont introduites ces lignes sans gêner les dispositions sensitives, les impulsions dynamiques, les instincts gratteurs et autres plaisirs affectifs de la matière ?

La première modalité s’est faite sous la forme de fils incolores : j’écrasais le papier vierge avec un outil de métal pour que les  profils de montagnes s’impriment dans l’épaisseur du support sans laisser la moindre trace colorée.

Puis j’osais l’audace d’une teinte légère.

Le pas de la visibilité franchi, très vite le dessin s’intégrait. En tant que mine de plomb, encre ou pastel, peu importait, il trouvait sa place dans la matériologie. La ligne s’installait comme frontière et devenait aussitôt un agent de précipitation des contrastes.

Cette nouvelle dynamique apportait de l’aisance dans le travail. La matière jouit de la possibilité de multiplier les séparations. Cela instaure pour elle la possibilité d’une distinction.

Alors, avec le goût d’une vieille manie qui ne vous laisse aucun choix, ont déboulé sur la surface une foule de facilités non désirées. À partir de là, il m’a fallu trier pendant des années ces multiplications de lignes, de formes et de territoires, comme autant de vêtements d’emprunt qui ne s’ajustaient jamais et qu’il me fallait soit souffrir, soit refuser.

Avec cet afflux de pouvoirs psychiques incontrôlés s’est ouvert la problématique de la représentation.

Référencement des œuvres